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L’EMST nous ancre dans le présent
Dans l’ancienne brasserie Fix, Athènes fait place aux images et aux questions de son époque.

On peut quitter une exposition en emportant une seule image. Oublier la plupart des titres tout en revenant à un geste, une surface ou une question non résolue. Pour une première rencontre avec le Musée national d’art contemporain d’Athènes, ce léger déplacement de l’attention est un bon début.
L’EMST occupe l’ancienne brasserie Fix. Son réaménagement par Takis Zenetos, avec Margaritis Apostolidis, a été achevé en 1961. Ont suivi l’abandon, une démolition partielle et une longue reconversion. La chronologie du musée retient 2020 comme l’année de son ouverture au public avec sa collection permanente, ses expositions et ses activités.
Une visite sans réponse toute faite
Dans sa mission publiée, l’EMST relie l’art contemporain au débat public. Il situe la création artistique grecque dans le contexte de la Méditerranée orientale et aborde notamment l’égalité, l’environnement et la technologie. Cette position offre une manière de penser la Grèce à travers les relations qui façonnent son présent.
Devant une œuvre, commencez par ce que vous voyez réellement. De quoi est-elle faite ? Où la salle vous place-t-elle par rapport à elle ? Qu’est-ce qui change lorsque vous lisez le cartel ? L’information ajoute une couche à la première rencontre. Être d’accord avec une œuvre n’est pas une condition pour lui accorder du temps.
Le bâtiment mérite une double lecture semblable. La photographie de 2021 le situe parmi la circulation, les câbles aériens et la signalisation. Sa reconversion prend sens dans cette continuité : un lieu de travail reçoit d’autres personnes et activités tout en gardant une trace reconnaissable. Le musée appartient à la ville en mouvement qui l’entoure.
Choisissez dans le programme actuel quelque chose qui bouscule un peu vos attentes. Avant de partir, notez un détail. La suite la plus intéressante de la visite viendra peut-être plus tard, lorsqu’une œuvre reviendra à l’esprit au cours d’une journée ordinaire. C’est une manière modeste mais réelle pour un musée de faire partie du quotidien athénien.
